MEMOIRE DE POILUS. CEREMONIE ET RECONSTITUTION. EXPOSITION ET PRESSE. VIDEO. CORPS D'ARMEE. ECOLES. AGENDA. LIENS.

DEUXIÈME PARTIE


Le 58ème R. I. À L'ARMÉE D'ORIENT


ANNÉE 1917


Embarquement pour Salonique

La 30ème Division passe trois semaines environ à Toulouse et s'organise en vue de son départ pour l'armée d'Orient. Le 3e bataillon s'embarque à Marseille le 16 janvier 1917 sur l'Amiral Olry. Le 24 janvier, à 4 h du matin, on est réveillé à bord par une violente secousse. Tout le monde pense à un torpillage. Il n'en est rien, l'Amiral Olry vient d'être heurté par un navire italien. Deux marins de l'équipage sont blessés et le navire est quelque peu endommagé. Le reste du régiment prend place à bord de l'Impératrice Catherine II, à Toulon, le 18 janvier.


Arrivée à Salonique

Les deux transports arrivent ensemble et le 58ème débarque à Salonique le 25 janvier. Il traverse la ville dans des cloaques de boue et va s'installer sous la lente au camp de. Zeitenlick (25 janvier au 7 février 1917)

Secteur d'Osin (21 Mars 1917-21 Mai 1917)

Après un séjour d'un mois au bivouac de Topsin (7 février-13 Mars 1917), le 58e se porte au secteur d'Osin par des marches fort pénibles. Le régiment est réparti entre le monastère d'Arkhangel (1/58) le Plateau des 4 Arbres (11/58), le Plateau de Borislaw (111/58) et le Srka di Ded (E.M. et C.H.R.)


Attaque du Srka di Legen - Réactions de l'ennemi (6 mai- 21 mai 1917)

Une attaque du Srka di Legen, préparée de longue date, a lieu, le10 mai, après 4 jours de préparation d'artillerie.

Elle est faite par le 84ème et le 284ème R.I. Le 58ème protège leur aile gauche (3e bataillon) et tient les 2 autres bataillons en réserve de brigade. Les bataillons d'assaut attaquent le 10 à 4 h. 30, culbutent les postes avancés et abordent les deuxièmes objectifs, mais ils sont arrêtés par les contre-attaques immédiates à la grenade et le tir des mitrailleuses bulgares.

Après des tirs très violents d'artillerie lourde et de mines de 50 kg, les bulgares lancent à 17 h. 30 une puissante contre-attaque sur tout le front conquis et obligent les unités du 84e et du 284ème à se reporter sur la Cuvette, et sur l'avancée de Srka qu'elles reçoivent l'ordre de tenir et d'organiser.

Le 12 mai le 11ème et 58ème relève le 6ème et 284ème, qui a été très éprouvé. Il occupe l'avancée du Srka, complètement dominée par l'ennemi et dont le sol est tellement dur qu'il est difficile d'y creuser dès tranchées autrement qu'à la mine.

II y subit jusqu'au 21 mai de très violents bombardements et, presque chaque nuit, les attaques de détachements ennemis qu'il repousse chaque fois, en couchant de nombreux bulgares devant ses fils de fer.

Les bataillons quittent le secteur d'Osin le 20 et le 21 mai, ils s'embarquent à la gare Karassouli et séjournent au bivouac aux environs d'Ekaterini, au pied de l'Olympe, du 26 mai au 6 juin.


Expédition d'Athènes

Le 8 juin, le 58ème est rassemblé avec les autres éléments de la 30ème D. I. ; (sauf le 61ème) il fait partie du groupement du Général REGNAULT, qui doit se rendre à Athènes, pour en chasser le Roi CONSTANTIN, qui trahit tous ses engagements envers la France.

La D.I. s'embarque le 8 juin ; le convoi lève l'ancre le 9 et mouille en rade de Salamine le 11 juin dans la nuit. Les bataillons débarquent au Pirée le 12 sans aucun incident ni aucune résistance.

Tandis que le 11e bataillon garde la ville, les 2 autres bataillons vont prendre les avant-postes au N.-E. du Pirée.


Occupation d'Athènes

Le 25 juin, à 4 h 30 du matin, le régiment se met en marche sur Athènes et chaque bataillon va occuper, dans le calme le plus parfait, les emplacements prescrits et reconnus, la veille, par les officiers supérieurs et les commandants de compagnie.

Le 1er bataillon à l'Acropole, le 2ème au Stade, le 3ème au Lycabette, tenant sous leur feu les principales places des rues de la ville.

Le 58ème participe le 27 juin au service d'ordre établi pour l'entrée de M. VENIZELOS, président du Conseil, et le 30 à une prise d'armes au Stade.

Enfin, le 14 Juillet, le Général REGNAULT passe en revue les détachements des troupes alliées, en présence de M. VENIZELOS, du Corps Diplomatique et devant une foule enthousiaste de 30.000 Athéniens, qui acclament la France et les Puissances de l'Entente.


Dans le secteur à l'ouest de Monastir (29, 30 juillet 1917 - 23 septembre 1918)

Le régiment transporté d'Athènes à Florina prend le 29 et le 30 juillet le secteur de la Plaine et de la route Resna à l'ouest de Monastir.

Peu de temps après la relève, le Lieutenant De LAGARDE de SAIGNES, est tué d'une balle au cœur en faisant la reconnaissance de ses petits postes et de ses défenses accessoires en avant de ses tranchées.

Cet officier s'était particulièrement distingué à Ville -sur-Tourbe et à Verdun.

Le secteur occupé par le régiment comprend deux parties :

1°—La Plaine, qui s'étend entre le Massif de Posen, occupé par le 40ème et la route de Monastir à Resna.

2° —Les premières pentes rocheuses, du Massif de la cote1248.

Au début, le secteur est assez calme, mais l'existence y est particulièrement pénible du fait que l'ennemi occupe toutes les hauteurs (Periteri et Dorsale de 1248) et rend toute circulation de jour impossible, car il n'existe pas de boyaux ni de bons cheminements défilés. Les cuisines fonctionnent au Ravin des Italiens et au Ravin de Brusnick et les repas ne peuvent être apportés que de nuit aux unités en ligne.

La première ligne de tranchées n'a que 80 centimètres; le sol est rocheux et ne peut être guère creusé qu'à la mine.

Il n'existe que quelques rares abris sérieux. Le régiment s'est mis une fois de plus courageusement au travail, a creusé les tranchées et boyaux nécessaires, construit .des abris, des blockhaus de mitrailleuses et place de sérieuses défenses accessoires, en un mot organisé un secteur complet, capable de résister à une attaque sérieuse.


Coup de main du 3 Septembre 1917 sur le Saillant bulgare de Kiel

(Près de Bratindol)

Le commandement jugeant nécessaire de maintenir devant le front de la Division le plus

possible de troupes bulgares prescrit qu'un coup de main important, avec une sérieuse préparation d'artillerie sera exécuté par le 58ème.

La 9ème compagnie (Lieutenant CADENCE) et 10ème compagnie (Lieutenant JOUVENT) avec un peloton de mitrailleuses (Capitaine JOUVE), sous le commandement du Chef de Bataillon FRANÇOIS, doivent attaquer les positions ennemies du saillant de Kiel, pénétrer jusqu'à la ligne de soutien, nettoyer les abris, faire des prisonniers.

Le Commandant de la troupe d'attaque est laissé libre, selon les circonstances, du moment où il ramènera son détachement. La préparation d'artillerie est faite par une trentaine de batteries.

Le 3 septembre à 4 h 25 du matin, la troupe prend, dans le plus grand silence son dispositif d'attaque. Les cris d'un blessé attirent l'attention de l'ennemi qui déclenche son tir de barrage.

A 4 h 45 les compagnies se lancent à l'assaut sous un barrage nourri et sous le feu des mitrailleuses et se portent d'un seul élan sur les tranchées ennemies. Une vingtaine de bulgares sont tués sur la position et, dans la journée, il est fait une trentaine de prisonniers dont 1 officier. Les sections s'organisent rapidement dans les tranchées ennemies, bouleversées par nos obus.

Le Commandant de l'attaque décide de ne rentrer dans nos lignes qu'à la nuit et en rend compte au Chef de Corps.

La troupe passe donc toute la journée dans la position qu'elle a enlevée et que l'ennemi ne  manque pas de bombarder sérieusement.

A 19 h. le tir de l'artillerie ennemie atteint une très grande intensité, qui indique nettement la préparation d'une forte contre-attaque. En effet les officiers observateurs aperçoivent, vers 19 h. 15, un bataillon bulgare de contre-attaque descendant le ru de Magarevo vers le saillant de Kiel.

En quelques secondes notre artillerie déclenche, une concentration de feux extrêmement violente qui brise l'élan de ce bataillon et lui cause de fortes pertes.

La 2e vague bulgare est arrêtée net; les réserves refluent vers l'arrière; quant aux premières vagues qui ont pu franchir le barrage assez tôt, elles essaient par 3 fois de contre-attaquer, mais elles sont fauchées par nos feux.

Enfin vers 20 h. 45 le calme est rétabli et on entend l'ennemi qui travaille dans ses tranchées de deuxième ligne.

Alors la position est évacuée dans les conditions prévues : chaque section ramène ses blessés et ses morts jusqu'aux équipes de brancardiers venues à leur rencontre. Tout le monde rentre sans être inquiété, sans recevoir un obus, ni une balle.

Les écoutes micro téléphoniques révèlent les pertes que les bulgares ont subies quand notre artillerie a arrêté leur contre-attaque: « 29 morts, 300 blessés»

En ce qui concerne le régiment, le combat lui a coûté 23 tués, 6 disparus (tués), 102 blessés.

La troupe a montré dans l'attaque du saillant de Kiel, un grand courage et une ténacité vraiment méritoire, sous des feux d'artillerie d'une très grande intensité.

Elle en a été récompensée par une citation collective à l'ordre de l'Armée.

9ème et 10ème Cie 3ème et 4ème Sections de la 3ème C.M.

« Le 3 septembre 1917, sous les ordres du Chef de Bataillon FRANÇOIS, brillamment secondé par les Lieutenants CADENCE et JOUVENT, se sont portées, dans un élan admirable à l'attaque d'un saillant ennemi fortement organisé. Malgré un violent tir de barrage se sont emparées de ce saillant, faisant des prisonniers et tuant une partie de ses défenseurs; s'y sont méthodiquement organisées et s'y sont maintenues toute la journée, malgré le bombardement. A la tombée de la nuit, ont repoussé deux violentes contre-attaques et suivant les ordres reçus sont rentrées dans nos lignes à l'insu de l'ennemi dans l'ordre le plus parfait. » (O.G. 163 bis Afo 18 septembre 1917 8608 P).

Le 14 octobre, le Général CASTAING commandant la 30e D.I. vint remettre les croix de guerre aux fanions des compagnies, aux officiers et aux hommes qui s'étaient distingués dans cette affaire.

Quelques actes de courage méritent d'être signalés ici : Avant le départ pour l'assaut, le Lieutenant JOUVENT, reçoit à la poitrine un culot d'obus, heureusement sans vitesse, mais qui le jette à terre et lui coupe la respiration. Il rejoint sa compagnie, dès qu'il a repris son souffle et est sérieusement blessé au bras, par un éclat d'obus. Il entraîne cependant sa compagnie à l'attaque et en conserve le commandement jusqu'au soir, malgré sa blessure.

Du reste, les émotions de cette rude journée n'altèrent pas la bonne humeur des officiers de la 10ème compagnie. Les commandants de Compagnie devaient mentionner chaque jour, que tous les hommes avaient bien absorbé la dose de quinine. Le 3 septembre, sous un bombardement furieux, le Lieutenant JOUVENT, blessé, dicta à la suite d'un autre compte-rendu « La quinine ne sera peut être pas prise régulièrement aujourd'hui. »

« Le soldat MOULIN contribue à repousser deux contre-attaques et, au péril de sa vie, ramène dans nos lignes le corps d'un de ses camarades tué. »

« Le sergent CABASSU blessé à trois reprises différentes par balle, par éclat d'obus et par grenade, conserve son ardeur et son sang-froid et ne va se faire panser que sur l'ordre de son chef de section. »

« Les brancardiers MATHIEU, SIMON, BONSARD, BOISSIER se prodiguent pendant toute la journée en donnant des soins aux blessés et en les transportant malgré de violents bombardements. »

« Les soldats CHASSALY, GOURNIER, DARCY, CLARENNE et plusieurs autres, blesses dès le début de l'action, sont restés à leur poste toute la journée. »

« Le sergent PRAT et le téléphoniste COURTIOUX, les agents de liaison NEYRET et GARZUEL établissent des liaisons en plein jour dans une zone très battue par le feu. »

« Le soldat BASSEVILLE, voyant que le commandement de sa section n'est plus assuré, se met résolument à sa tête et la conduit à l'assaut. »

« Le sergent LAVAUD, ayant fait au cours de l'attaque onze prisonniers, les garde toute la journée, sous un bombardement intense, alors que les contre-attaques bulgares s'approchaient à portée de grenades ».

Le sous-lieutenant ADAM, a tenu à prendre part à l'opération, bien qu'il fût malade depuis quelques jours. »

« Le soldat VIERME rencontre 3 bulgares qui s'enfuient vers leurs lignes : il les arrête en les menaçant de son mousqueton, sort de la tranchée et les fait prisonniers.

Après le coup de main du 3 septembre, les Bulgares sont plus inquiets et plus nerveux. Ils demandent fréquemment, sans aucun motif, de violents tirs de barrage. Les bombardements sont plus abondants et, au cours du mois de Novembre, ils atteignent une très grande intensité.

En novembre nos pertes sont de : 12 tués, 33 blessés. En décembre : 5 tués, 27 blessés.



ANNÉE 1918


Le 31 janvier 1918, un petit coup de main sans préparation d'artillerie est exécuté sur un petit poste bulgare dont les deux sentinelles sont tuées à coups de pistolet.


Coup de main du 5 Mars 1918 sur les tranchées bulgares de Hambourg

(Lieutenant MULLON et 40 hommes de la 11ème Cie)

Le 5 mars, après une journée de préparation d'artillerie, le Lieutenant MULLON avec 40 hommes s'élance à 19 h 30 sur l'objectif assigné malgré le tir de barrage et des mitrailleuses.

Le Lieutenant MULLON est atteint de plusieurs éclats d'obus en arrivant sur le parapet ennemi. Deux des abris sont détruits, le 3ème, fort endommagé, est inoccupé. L'équipe chargée du nettoyage de cet abri pousse plus loin dans la tranchée. L'un des grenadiers, le soldat ANDRE, se heurte à un groupe de 6 Bulgares qui essaient de résister. Il les disperse à coups de grenades et ramène un prisonnier qu'il oblige, en cours de route, à transporter un blessé.

Cependant le Lieutenant MULLON, malgré ses blessures, quand il juge l'opération terminée, lance la fusée qui indique le signal du retour.

La rentrée dans nos lignes s'effectue encore sous le barrage de l'artillerie ennemie, en transportant les 4 blessés que l'on ramène. Au retour dans les tranchées, on constate l'absence d'un homme. Aussitôt une patrouille de volontaires commandée par le sergent VERNEZ, et accompagnée par l'aumônier MORILLON, repart pour fouiller le terrain entre les 2 lignes, malgré les obus et les balles de mitrailleuses. La patrouille retrouve le soldat QUEANT, grièvement blessé, et le ramène dans nos lignes.

Le Commandant de Compagnie lance alors les fusées vertes indiquant que l'opération est terminée et le tir d'artillerie s'éteint peu à peu.

Le Lieutenant MULLON, qui est mort pour la France des suites de ses blessures, a reçu la croix de la Légion d'honneur avec la citation suivante :

«Le 18 mars 1918 a brillamment conduit, malgré le tir de barrage ennemi, un coup de main avec une méthode et un sang-froid admirables, à atteint l'objectif qui lui avait été assigné ; quoique grièvement blessé, s'est relevé sur le parapet ennemi pour surveiller sa troupe et donner les derniers ordres. Déjà blessé le 18 septembre 1916. »

Aumônier MORILLON.

« Aumônier volontaire d'un courage, d'un mépris du danger, d'une abnégation et d'un dévouement qui font l'admiration des plus braves. Au cours d'un coup de main est parti avec une patrouille de volontaires à la recherche d'un blessé tombé entre les lignes et l'a ramené». (O. G. 196 Afo 12 mars 1918).

Sergent VERNEZ Jean.

« Sergent d'un courage éprouvé qui, le 5 mars 1918, au début de la nuit, lors d'un coup de main a conduit son groupe avec énergie et habileté, a pris le commandement de l'opération après que son lieutenant eut été mis hors de combat et a été ensuite, avec une patrouille, chercher un de nos blessés tombé près des lignes ennemies. (N. S. C. AA. 7.782/P du 30 mars 1918).

ANDRÉ Léon.

Soldat remarquable d'audace et de courage. Participant à un coup de main, s'est débarrassé d'un groupe de six ennemis et a ramené dans nos lignes un prisonnier qu'il a forcé à relever un de nos blessés ». (O. G. 196 Afo 9 mars 1918).

PLAT François.

"Caporal plein d'entrain, brave, qui le 5 mars 1918, au début de la nuit, lors d'un coup de main a conduit son groupe avec décision et habileté et est allé, sous le feu de l'ennemi, relever son lieutenant grièvement atteint, puis un de ses hommes blessé et les a ramenés dans nos lignes. » (N.S.C. AA. 7.782/2 du 30 mars 1918).

A partir du 15 septembre 1918 qui est le jour d'une puissante attaque Franco Serbe sur le Dobropolje, le régiment se prépare à attaquer les positions bulgares qu'il a devant lui. Chaque soir, les bataillons font des patrouilles offensives sur les petits postes bulgares.

Le 22 le 58ème est prêt à appuyer l'attaque que la 76ème D. I. doit faire sur la côte 1248 et le Piton Rocheux. Mais cette attaque exécutée le 23 n'ayant pas donné le résultat attendu, le régiment ne bouge pas et il reçoit l'ordre de quitter le secteur, le soir, pour être mis à la disposition de la 156ème D. I.


Opérations offensives contre les Bulgares.

Poursuite

Le 23 au soir, le régiment quitte le secteur à l'ouest de Monastir, qu'il occupait depuis le 30 Juillet 1917 et se porte le 24 à Mogila où il est sérieusement bombardé par des 105 et des obus à gaz (1 tué, 11 blessés, plusieurs intoxiqués).

Il prend part à la poursuite contre les Bulgares jusqu'au 9, par le col de Crnobock, le col de Lopatica et Soponitsé.

Le 30 on apprend que les hostilités contre les Bulgares cessent le même jour à midi.

La 30ème D.I se porte vers la Bulgarie. Pendant le mois d'octobre 1918, le 58ème gagne la frontière serbo-bulgare par Prilep et le col de la Babouna, où il a le plaisir de croiser les 1ère et 6ème divisions bulgares prisonnières.


Le 58e en Bulgarie

Le 30 octobre 1918 le 58e entre en Bulgarie au col de Deve-Bair par une marche extrêmement dure.

Le régiment s'embarque à Kustendil pour Plewna avec la mission de couvrir cette place contre les troupes allemandes, qui sont signalées, par des renseignements roumains, prêtes à passer le Danube.

Le 2ème et le 3ème bataillons prennent les avant-postes au nord de la ville et sur ses flancs du 4 au 7 novembre.



APRES L'ARMISTICE


Passage du Danube- Le 58e en Roumanie

A partir du 7 novembre le régiment se dirige vers le Danube. Le 2ème bataillon le traverse dans la nuit du 10 au 11, en face de Turnu, d'où l'ennemi réagit par quelques obus. La 7ème compagnie enlève 2 prisonniers et une mitrailleuse.

Le 3ème bataillon passe sur la rive nord le 11 à Sistovo. L'ennemi se retire par deux trains, après avoir fait sauter les ponts à l'est de Zimnitza.

Les bataillons sont reçus avec enthousiasme par la population roumaine.

Ils établissent deux têtes de pont en avant de leur point de passage : A Turnu Magurelle (I et II) A Zimnitza (III).

Le régiment se porte par étapes d'abord sur Alexandria (19 novembre 1918), puis sur Bucarest (28 novembre).

Le 1er décembre, le Lieutenant-Colonel IGOU Commandant le 58ème R.I., le drapeau, la musique et le 3ème bataillon prennent part à la revue passée par le Roi et la Reine de Roumanie, à l'occasion de la rentrée des souverains dans leur capitale. Les troupes françaises défilent dans la ville au milieu du plus grand enthousiasme.



ANNÉE 1919


Le 58ème R. I. en BESSARABIE et en RUSSIE

De Jassy le III/58 se rend à Kichinew où il séjourne jusqu’au 3 février avec l’E.M et la C.H.R.

Il est reçu à la gare par les troupes roumaines avec drapeaux et musiques, il défile dans la ville sous les arcs de triomphe et est passé en revue par le Général commandant le 5ème C.A roumain.

Le 4 février, conformément aux ordres du Général BERTHELOT, le 2ème bataillon quitte Bender pour aller occuper Tiraspol.

Les bolchevicks sont retranchés aux lisières et abondamment pourvus de mitrailleuses et de munitions.

Ils accueillent l’avant-garde par quelques obus et un feu de mousqueterie des plus violents.

La progression du bataillon, en terrain plat et découvert est bientôt arrêtée, sans qu’il ait les moyens suffisants pour manœuvrer. Il reçoit dans la nuit l’ordre de se replier et les unités rentrent à Bender. Les pertes de la journée sont de 3 Officiers blessés, 5 hommes blessés 1 Caporal disparu (tué)

Le 7, Tiraspol est occupé par des éléments franco-polonais, munis de tanks, venus par Rasdelnaja.

Le Régiment occupe Tiraspol, du 8 février au 7 mars, gardant la gare et la citadelle, puis Rasdelnaja, du 7 mars au 5 avril, protégeant, avec un bataillon roumain, la gare et le noeud de voies ferrées.

Le 5 avril en même temps que les troupes du Général D’ANSELME évacuent Odessa, le 58ème quitte Rasdelnaja pour rentrer par train, à Bender.

Le 58ème séjourne en Bessarabie, occupant successivement Chadsymusy (8 avr il, 3 mai), New- Kichkany (3-15 mai), Zaïm (15mai-12 juin)

Par suite du départ des Officiers et des hommes rapatriables, le Régiment est d’abord constitué à un seul bataillon le 27 avril.

Enfin, le 12 juin, après le départ de 198 rapatriables, son effectif est devenu tellement faible, qu’il est dissous par le Général commandant la 30ème D.I.

Les cadres sont versés au 10ème R.T.A, au bataillon du 40ème et au 61ème où passent la plupart des hommes restants.

Le drapeau du Régiment ainsi que les archives sont ramenés à Avignon. Le Lieutenant-Colonel IGOU, rapatriable, rentre en France. Ainsi disparaît momentanément le 58ème qui, du 25 janvier 1917 au 12 juin 1919, a passé deux ans et demi sur la terre d’Orient.

Pendant cette période il a supporté vaillamment toutes les privations résultant de l’éloignement, les difficultés des communications et des ravitaillements de toute nature, le retard des correspondances, la rareté des permissions et les privations de toutes sortes.

Il a pris, à l’ouest de Monastir, un secteur à peine ébauché. Il l’a organisé avec des moyens bien médiocres. Il l’a tenu dans des conditions fort dures et y a subi des bombardements fréquents et sévères. Il a souffert d’un climat pénible, souvent dangereux, et le paludisme a fait dans ses rangs de nombreuses victimes.

Il a harcelé l’ennemi du tir de ses mitrailleuses, de ses patrouilles et de ses coups de main et il a contribué avec les autres troupes de l’Armée d’Orient, à user l’armée bulgare, qui fut percée, battit en retraite et capitula après les attaques de septembre 1918.

Après avoir séjourné en Macédoine, il a eu à traverser la Serbie, la Bulgarie, et même après l’armistice il a dû mener une existence fort pénible en Roumanie, en Bessarabie et en Russie méridionale.

Pendant toute la campagne, il a donné maintes preuves de son endurance, de son courage, de son opiniâtreté au travail, de son acharnement dans la défense et de son mordant dans l’attaque.

Les actes de bravoure, de dévouement et de patriotisme, accomplis par des hommes et des gradés du Régiment, sont innombrables, comme en témoignent les belles citations qui les ont récompensés.

Les anciens combattants trouveront dans cet historique le souvenir de ce qu’ils ont souffert et de ce qu’ils ont accompli et seront fiers d’avoir fait partie du 58ème.

Les futurs soldats y puiseront des exemples et des leçons qui leur donneront le culte de l’Honneur et de la Patrie.

Tous auront un souvenir respectueux et ému pour les morts glorieux du Régiment, qui ont payé de leur vie la Victoire de la France.